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Du 20 septembre au 31 octobre 2013 - Cinémathèque Royale de Belgique

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Franc-tireur, Robert Aldrich aura donné quelques-unes des plus féroces analyses de la société américaine des années 50 et 60. Peu apprécié en Amérique, vénéré en Europe, Aldrich s'est illustré dans tous les genres: western, film noir, film de guerre ou satire. Autant de genres auxquels il aura apporté un incontestable renouveau, au cours d'une longue carrière marquée par des succès et des coups d'arrêts.

Issu d'une famille aisée, Aldrich étudie l'économie à l'Université de Virginie. Préférant le cinéma aux affaires familiales, il entre à la RKO où il est très vite promu au poste d'assistant-réalisateur. C'est aux côtés des Losey, Milestone, Rossen, Polonsky, et même Chaplin, qu'Aldrich apprend le métier de réalisateur. Ses premières réalisations, il les fera pour la télévision. Ce n'est qu'en 1954 qu'il tourne son premier long métrage pour le cinéma: Bronco Apache, un western pro-Indiens qui lui ouvre d'emblée les portes du succès. Dès l'année suivante, Aldrich va signer trois de ses plus grands films: Vera Cruz, un western qui bouleverse radicalement les codes du genre; En quatrième vitesse, un film noir devenu classique incontournable; et Le grand couteau, une peinture au vitriol des coulisses nauséabondes d'Hollywood. Très apprécié en Europe, Aldrich ne rencontre pas le même succès outre-Atlantique, et l'échec commercial du Grand couteau marque un coup d'arrêt dans sa carrière hollywoodienne. Aldrich tourne encore quatre films - moins personnels et du coup moins polémiques - pour la Columbia, avant de quitter l'Amérique et de rejoindre l'Europe, où il espère donner un nouvel élan à sa carrière. En Angleterre d'abord, où il tourne Tout près de Satan, un film de guerre décrivant une périlleuse mission de déminage dans le Berlin d'après-guerre; en Italie ensuite, où il tourne Sodome et Gomorrhe en collaboration avec Sergio Leone. Mais l'un et l'autre seront des échecs et Aldrich rentre aux Etats-Unis. Deux projets vont lui permettre de relancer une carrière qui semblait pour le moins compromise: Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, une nouvelle approche corrosive des coulisses du monde du spectacle, et Chut, chut chère Charlotte. Les deux films - tous deux avec Bette Davis en tête d'affiche - rencontrent un succès inattendu et les portes des grands studios s'ouvrent à nouveau au cinéaste. Un nouvel échec (Le vol du Phoenix), pourtant un excellent film, faillit avoir raison de cette énième renaissance, mais là encore Aldrich réussit à rebondir avec un détonnant film de guerre, devenu classique du genre: Les douze salopards. Le succès est tel qu'Aldrich peut s'offrir ses propres studios, chose rarissime à l'époque. Toutefois, les films réalisés dans ce nouveau cadre (de Faut-il tuer Sister George ? à Fureur apache), ne recevront qu'un accueil très mitigé, de sorte que le cinéaste-producteur sera forcé de mettre la clé sous la porte. Au cours des dernières années d'une carrière inégale, Aldrich réalisera encore quelques films qui méritent l'attention, dont L'empereur du Nord, avec Lee Marvin, et Plein la gueule, avec Burt Reynolds.

 

PROJECTIONS

"Bronco Apache", USA 1954

"Vera Cruz", USA 1954

"En quatrième vitesse", USA 1955

"Le grand couteau", USA 1955

"Tout près de Satan", USA-UK 1959

"Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?", USA 1962

"Quatre du Texas", USA 1963

"Berceuse pour un massacre", USA 1965

"Le vol du Phoenix", USA 1965

"Les douze salopards", USA-UK 1967

"Faut-il tuer Sister George ?", USA-UK 1968

"Trop tard pour les héros", USA 1970

"Fureur apache", USA 1972

"L'empereur du Nord", USA 1973

"Plein la gueule", USA 1974

"La cité des dangers", USA 1975

"L'ultimatum des trois mercenaires", USA 1977

"Bande de flics", USA 1977

"Un rabbin au far-west", USA 1979

"Deux filles au tapis", USA 1981

Tag(s) : #Sorties Cinéma

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