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Du 12 au 23 mars 2013 - Cinémathèque Royale de Belgique (en collaboration avec Offscreen Film Festival)

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Le festival du film Offscreen a le plaisir d'accueillir pour sa sixième édition le réalisateur américain John Waters. L'invité d'honneur est né en 1946 dans la banlieue de Baltimore, Maryland, dans une famille de la classe moyenne. Dès son adolescence, John Waters se met à réaliser de petits films trash, bon marché, en 8mm, avec un club d'amis baptisé "The Dreamlanders".

Il doit sa percée à Pink Flamingos, en 1972. Ce film remporte un grand succès dans le circuit drive-in et grindhouse et doit sa célébrité à la scène où l'acteur principal, le travesti Divine, mange une déjection canine. Pink Flamingos est suivi des non moins originaux Female Trouble (1974) et Desperate Living (1977), qui assoient définitivement le statut de John Waters, "The Sultan of Sleaze", "The Baron of Bad Taste" ou encore (dixit William S. Burroughs) "The Pope of Trash".

Son oeuvre témoigne d'un irrespect malicieux, d'un penchant pour le grotesque et d'un amour pour les americana. Elle révèle également une connaissance étendue et obsessionnelle du cinéma et puise ses influences dans une large gamme de sources d'inspiration: du cinéma d'auteur intellectuel "haut de gamme" (Fellini, Godard, Fassbinder et Bergman) au "bas de gamme" du cinéma underground et du cinéma d'exploitation marginal (William Castle, Herschell Gordon Lewis, Russ Meyer, Kenneth Anger, the Kuchar brothers...).

Ce que l'esthétique de Waters a d'unique, c'est la manière dont elle glorifie les marginaux, les parias et les sans grade de la société, dans une sorte de fantaisie camp qui fait de ses personnages trash, souvent "white trash", des pionniers du mauvais goût. Cette sensibilité camp est en accord total avec le concept que Susan Sontag décrit dans son essai révolutuinnaire de 1964, "Notes on Camp": "(...) The essence of Camp is its love of the unnatural: of artifice and exaggeration..." (L'essence du Camp, c'est son amour du non-naturel: l'artifice et l'exagération...). Cette phrase peut à elle seule suffire à définir parfaitement les films de John Waters. Il déclare lui-même: "I've always tried to please and satisfy an audience who think they've seen everything. I try to force them to laugh at their own ability to be shocked by something. This reaction has always been the reason I make movies". (J'ai toujours essayé de plaire à un public qui croit avoir tout vu. J'essaie de le forcer à rire de sa propre capacité à être choqué par quelque chose. Cette réaction a toujours été la raison même pour laquelle je fais des films).

A partir de Polyester (1981), les films de John Waters deviennent moins controversés, même s'ils gardent une signature très identifiable. Ils passent de l'underground au mainstream sans perdre leur intégrité artistique. Le grand public découvre Waters avec Hairspray (1988) et Cry-Baby (1990). Son dernier film jusqu'ici, A Dirty Shame (2004), est un retour aux racines: la culture underground des obsédés sexuels des banlieues de Baltimore dans les années 70.

En parallèle, John Waters publie des livres, collabore à une version musicale de Hairspray à Broadway et se met en scène avec son one man stand-up This Fifthy World. Nous l'avons ni plus ni moins invité à se produire à Bruxelles. Cinematek a saisi cette occasion pour proposer une rétrospective de l'ensemble de ses oeuvres cinématographiques, ainsi qu'une masterclass. Pour couronner le tout, le maître du mauvais goût nous a transmis et commenté son top cinq des films camp et trash, que nous ne manquerons pas de projeter.

 

PROGRAMME

"Polyester" de John Waters, USA 1981

"Hairspray" de John Waters, USA 1988

"Cry-Baby" de John Waters, USA 1990

"Serial Mom" de John Waters, USA 1993

"Pecker" de John Waters, USA 1998

"Cecil B. demented" de John Waters, USA 2000

"A Dirty Shame" de John Waters, USA, 2004

Tag(s) : #Sorties Cinéma

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