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Du 1er au 30 juin 2013 - Cinémathèque Royale de Belgique

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John Garfield, un nom quelque peu tombé aux oubliettes aujourd'hui, fut pourtant l'une des plus grandes stars du cinéma américain des années 40. Une carrière prometteuse, stoppée net par son décès dans la fleur de l'âge.

Enfant de la Dépression, Garfield grandit dans la pauvreté du Lower East Side de Manhattan et passe son enfance entre les travers de la délinquance et le redressement dans les maisons de correction. Jeune homme, il épouse la vie des "clochards célestes" de la Dépression et voyage de patelin à la recherche de petits travaux journaliers. Fin des années 30, il rentre à New York et se joint à la troupe du Group Theater, avec lequel il s'ouvre les voies du succès. Un rôle dans Golden Boy, adapté d'une pièce de Clifford Odets, suffit à le faire remarquer auprès des pontes d'Hollywood, et la Warner s'empresse de faire signer cet acteur prometteur qui apporte dans ses interprétations indéniable fraîcheur et une bonne dose de réalisme.

Sa réussite est fulgurante: il est nommé aux Oscars dès son premier rôle (Rêves de jeunesse). Fort de ce succès, il enchaîne les rôles. Dans Je suis un criminel, il incarne un ex-taulard injustement accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, et forcé de prendre la fuite. Son physique de voyou, son immense charisme, et son caractère intransigeant, le poussent à incarner des personnages rebelles mais réfléchis, enfants de la classe populaire qu'un destin contrarié a poussé aux bans de la société. En ce sens, John Garfield est sans conteste le précurseur d'un style et d'une attitude adoptés une décennie plus tard par Montgomery Clift, Marlon Brando ou encore James Dean.

Passé du côté de la MGM, Garfield va pouvoir élargir sa palette de jeu, s'essayer à des genres différents, jusquà devenir l'une des figures les plus appréciées d'un genre très populaire dans les années 40: le film noir. Le facteur sonne toujours deux fois et L'Enfer de la corruption, deux grands classiques du genre, vont décupler sa popularité. Désormais il enchaîne les grands rôles: Nid d'espions, Destination Tokyo, et surtout Sans et or - sa plus belle réussite - dans lequel il renoue avec sa passion de jeunesse, la boxe.

Dans l'immédiat après guerre, l'opinion américaine est sous l'emprise d'une paranoïa anti-communiste et McCarthy peut lancer sa funeste "chasse aux sorcières". Acteur politiquement engagé qui n'a jamais caché ses opinions gauchisantes et son fervent soutien aux classes populaires, Garfield est appelé à témoigner devant le Congrès des activités anti-américaines. Il réfute toute appartenance à quelconque organisation communiste et refuse de donner des noms. Les conséquences de cette prise de position radicale sont tragiques: John Garfield est sur la Liste noire, il ne trouve plis le moindre rôle, sa carrière est brisée. Il meurt à l'âge de 39 ans épuisé par les différentes procédures judiciaires menées à son encontre.

CINEMATEK vous propose de (re)découvrir les principaux coups d'éclat de cette étoile filante d'Hollywood.

 

PROJECTIONS

"Rêves de jeunesse" de Michael Curtiz, USA 1938

"Je suis un criminel" de Busby Berkeley, USA 1939

"Juarez" de William Dieterle, USA 1939

"Le Vaisseau fantôme" de Michael Curtiz, USA 1941

"Destination, Tokyo" de Delmer Daves, USA 1943

"Air Force" de Howard Hawks, USA 1943

"Nid d'espions" de Richard Wallace, USA 1943

"L'orgueil des Marines" de Delmer Daves, USA 1945

"Nobody lives forever" de Jean Negulesco, USA 1946

"Humoresque" de Jean Negulesco, USA 1947

"Le Facteur sonne toujours deux fois" de Tay Garnett, USA 1946

"Le mur invisible" d'Elia Kazan, USA 1947

"Sang et or" de Robert Rossen, USA 1947

"L'Enfer et la corruption" d'Abraham Polonsky, USA 1948

"Les Insurgés" de John Huston, USA 1949

"Etranges cargaisons" de Michael Curtiz, USA 1950

"La belle de Paris" de Jean Negulesco, USA 1949

"Menace dans la nuit" de John Berry, USA 1951

Tag(s) : #Sorties Cinéma

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