Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Du 3 juillet au 31 aout 2014 - Cinémathèque Royale de Belgique

Federico_Fellini_NYWTS.jpg 

Cinéaste de la démesure, démiurge visionnaire, fabulateur merveilleux, Federico Fellini a créé un style cinématographique inimitable, entremêlant carnaval baroque et critique sociale incisive. CINEMATEK vous propose de parcourir l'oeuvre immense du grand maître italien.

Caricaturiste, journaliste, puis scénariste pour Roberto Rossellini, Pietro Germi et Alberto Lattuada, avec lequel il coréalise son premier film en 1950 (Les feux du music-hall), Fellini débute au cinéma dans la mouvance du néoréalisme. Ses premiers films, I vitelloni, Il bidone, s'inspirent déjà de ce qui alimentera toute son oeuvre: les souvenirs d'enfance, réels ou fantasmés. Sa rencontre avec Giulietta Masina, qui partagera la vie du cinéaste jusqu'à son décès en 1993, lui inspire deux poèmes d'amour: La strada et Les nuits de Cabiria, deux films qui s'écartent de l'esthétique néo-réaliste, substituant à la description naturaliste de la réalité quotidienne une vision subjective où la réalité devient poésie symbolique. Mais c'est avec La dolce vita que Fellini entre de plain-pied dans la modernité, proposant une forme inédite d'écriture cinématographique. En rupture avec la progression dramatique classique, le film est composé de tableaux plus ou moins baroques et allégoriques qui, assemblés, forment une mosaïque à la beauté funèbre dans laquelle Mastroianni sert au cinéaste de double désenchanté. Si dans ses premiers films Fellini s'était attaché avec tendresse aux vies ratées des marginaux, des petites gens, forains et autres clowns blessés par une solitude fardée de burlesque, c'est à présent à l'élite et au milieu intellectuel que s'intéresse le cinéaste. En effet, c'est en peignant la dérive existentialiste de petites sociétés bourgeoises et oisives, qu'il cherche à cerner au mieux la décadence de nos sociétés modernes. Une approche poussée plus loin encore, dans ce qui reste son maître-opus, Huit et demi, où le cinéaste devient son propre sujet d'étude. S'inspirant largement d'éléments autobiographiques, ce collage des souvenirs, fantasmes, rêves et projections d'un cinéaste en crise, marque sans doute l'apogée du style Fellini. Foisonnement chaotique, artificialité revendiquée, affabulation et fantasmes se développant sur fond de décadence, autant d'éléments qui feront la substance des autres grands films du cinéaste, tels Fellini-Roma, Amarcord ou Casanova. Dans les années '80, un nouveau thème apparaît dans son oeuvre: la mort du cinéma. En effet, Et vogue le navire, Ginger et Fred ou encore Intervista évoquent avec mélancolie et amertume le temps révolu d'un âge d'or du cinéma, auquel le petit écran a désormais volé la vedette et ôté toute sa magie. Grand homme de spectacle, inventeur de formes luxuriantes et exubérantes, illuminé sachant capter la dimension onirique des êtres et des choses, Federico Fellini a réussi, à travers une vingtaine de films, à transcender un univers crépusculaire et mortuaire à l'image de notre civilisation moderne, en carnaval universel et vivant.

 

LES PROJECTIONS

"Les feux du music-hall" de Federico Fellini & Alberto Lattuada, Italie 1950

"Le cheik blanc" de Federico Fellini, Italie 1952

"Les inutiles" de Federico Fellini, Italie-France 1953

"L'amour à la ville" de Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, Alberto Lattuada, Carlo Lizzani, Franscesco Maselli & Dino Risi, Italie 1953

"La strada" de Federico Fellini, Italie 1954

"Il bidone" de Federico Fellini, Italie-France 1955

"Les nuits de Cabiria" de Federico Fellini, Italie-France 1957

"Fellini" d'André Delvaux, Belgique 1960-1962

"Federico Fellini, le voyage intérieur" - Olivier Lecomte

"La dolce vita" de Federico Fellini, Italie-France 1959

"Boccaccio 70" de Federico Fellini, Luchino Visconti, Vittorio De Sica & Mario Monicelli, Italie-France 1962

"Otto e mezzo" de Federico Fellini, Italie 1953

"Juliette des esprits" de Federico Fellini, Italie 1965

"Histoires extraordinaires" de Roger Vadim, Louis Malle & Federico Fellini, France-Italie 1968

"Satyricon" de Federico Fellini, Italie-France 1968

"Les clowns" de et avec Federico Fellini, Italie-France-RFA 1970

"Fellini-Roma" de Federico Fellini, Italie-France 1972

"Amarcord" de Federico Fellini, Italie-France 1973

"Il casanova di Federico Fellini" de Federico Fellini, Italie 1976

"Répétition d'orchestre" de Federico Fellini, Italie 1979

"La cité des femmes" de Federico Fellini, Italie-France 1980

"Et vogue le navire" de Federico Fellini, France-Italie 1983

"Ginger et Fred" de Federico Fellini, France-Italie-RFA 1985

"Intervista" de et avec Federico Fellini, Italie 1987

"La voce della luna" de Federico Fellini, Italie-France 1990

Tag(s) : #Sorties Cinéma

Partager cet article

Repost 0