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Du 31 juillet au 31 aout 2013 - Cinémathèque Royale de Belgique

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De tous les grands comiques du cinéma muet, Buster Keaton est certainement le plus muet et le plus cinématographique. Là où Chaplin et Lloyd se servent de la caméra pour donner à voir leurs exploits, Keaton s'immisce dans le dispositif cinématographique et en ressort pour montrer ses trouvailles.

A l'âge de deux ans à peine, Buster Keaton était déjà en tournée avec la troupe de vaudeville montée par ses parents. Sa première expérience au cinéma date de 1917, aux côtés de Roscoe Arbuckle qui venait de lancer son propre studio, Comique. Le lendemain de leur rencontre, les deux clowns s'attelaient déjà au tournage de Fatty boucher. Chez Arbuckle tout fonctionnait encore selon les principes de la Keystone, à savoir toujours plus, toujours plus vite, sans le moindre temps mort. Keaton observait et apprenait. Plus tard, il tirera d'ailleurs profit dans ses propres réalisations de ces fameux temps morts qui étaient la hantise d'Arbuckle.

C'est en 1920 qu'il passe à la réalisation. Dès ses premiers courts métrages, il apparaît déjà comme the stone face, avec un répertoire comique reconnaissable entre tous. Keaton apporte un indéniable renouveau aux gags les plus éculés, les revitalise à coup d'humour qu'il veut propre au médium cinématographique et à ses usages idiosyncrasiques. Lorsque dans La maison démontable, sa jeune épouse doit sortir du bain pour ramasser un morceau de savon, une main vient couvrir l'objectif de la caméra. Dans Malec champion de tir, on retrouve l'éternelle peau de banane sur le trottoir, mais Keaton fait signe à la caméra qu'il n'est pas dupe avant de se vautrer sur une autre peau de banane. Si d'autres ne voient le monde que sous la forme d'une suite d'obstacles et d'empêchements, Keaton le considère avec un stoïcisme indéfectible. Lorsque l'adversité se présente, le mieux n'est-il pas de rester de marbre ? si une façade de maison vient à s'effondrer sur vous, le mieux n'est-il pas de rester immobile, une fenêtre étant peut-être placée au bon endroit pour passer à travers de justesse ?

Tout comme Chaplin et Lloyd, Keaton franchira le pas vers le long métrage, mais son humour si particulier et les intrigues plus complexes de ses films ne lui permettront pas de rencontrer le même succès que ses deux "rivaux". Le premier long métrage de Keaton à connaître un engouement populaire est La croisière du Navigator, autour d'un couple oublié à bord d'un paquebot à la dérive. Sa prédilection pour un humour propre au médium reste identique, pour preuve la séquence de rêve introduisant le film-dans-le-film dans Sherlock Jr. Le mécano de la Général, qui se déroule à l'époque de la guerre de Sécession, en s'appuyant sur un scénario parfaitement équilibré entre détails historiques et gags millimétrés. Mais le film ne rencontre pas le succès escompté et en 1928, Keaton déménage à la MGM où il tournera encore un dernier film conforme à ses anciens préceptes: Le caméraman.

L'avènement du cinéma parlant va priver Keaton de sa liberté d'improvisation et sa carrière est désormais sur le déclin. Les courts métrages qu'il réalisera pour Educational ne sont plus de la même facture, même si certains moments rappellent le génie des premiers temps, ou montrent quelques signes de renouveau, comme la scène tournée avec sa véritable famille dans Love nest on wheels. Film de Samuel Beckett est une curiosité de 22 minutes, stylisée par la caméra de Boris Kaufman, le frère de Dziga Vertov. Avec The railrodder, dernière apparition de Keaton au cinéma, l'essai de Beckett aura le don de remettre au goût du jour les chefs-d'oeuvre d'un génie alors quelque peu tombé dans l'oubli.

 

PROJECTIONS

"Arbuckle & Keaton" de Roscoe Arbuckle

"Les lois de l'hospitalité" de Buster Keaton & Jack Blystone, USA 1923

"Les trois âges" d'Edward F. Cline & Buster Keaton, USA 1923

"La croisière du Navigator" de Buster Keaton & Donald Crisp, USA 1924

"Keaton goes solo" de Buster Keaton, Edward F. Cline, Roscoe Albuckle

"Sherlock Jr." de et avec Buster Keaton, USA 1924

"Buster Keaton. Written and directed 1" de Buster Keaton, Edward F. Cline, Malcolm St. Clair

"Fiancées en folie" de et avec Buster Keaton, USA 1925

"Ma vache et moi" de et avec Buster Keaton, USA 1925

"Buster Keaton. Written & directed 2" de Buster Keaton, Edward F. Cline

"Buster Keaton: Written & directed 3" de Buster Keaton, Edward F. Cline

"Le Mécano de la Général" de Clyde Bruckman & Buster Keaton, USA 1926

"Le Dernier round" de et avec Buster Keaton, USA 1926

"Sportif par amour" de James W. Horne, USA 1927

"Le Caméraman" d'Edward Sedgwick, USA 1928

"Keaton educational & Beckett" de Raymond Kane, Buster Keaton, Charles Lamont, Alain Schneider, Samuel Beckett

"Cadet d'eau douce" de Charles F. Reisner & Buster Keaton, USA 1928

"The Railrodder + Buster Keaton rides again" de Gerald Potterton, John Spotton

"Le figurant" d'Edward Sedgwick, USA 1929

"Doughboys" d'Edward Sedgwick, USA 1930

"Boulevard du crépuscule" de Billy Wilder, USA 1950

"Les feux de la rampe" de et avec Charles Chaplin, USA 1951

Tag(s) : #Sorties Cinéma

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