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Du 10 septembre au 17 novembre 2013 - Cinémathèque Royale de Belgique

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Considéré comme l'héritier spirituel de Tarkovski, Sokurov est l'un des plus grands cinéastes contemporains. Son style extrêmement personnel, qui tend vers un langage cinématographique pur, est l'aboutissement d'une quête spirituelle et esthétique menée de longue date.

Né en 1951 dans la région d'Irkoutsk, Sokurov n'a que 19 ans lorsqu'il entre à la télévision pour y officier en tant qu'assistant producteur. Quelques années plus tard, il entre au VGIK, la plus prestrigieuse école de cinéma du pays. C'est à cette époque qu'il rencontre Tarkovski, très élogieux au sujet des premiers essais du jeune cinéaste, dont La voix solitaire de l'homme, long métrage tourné dans le cadre de ses études, mais qui ne sera diffusé qu'une dizaine d'années après sa finition. Les premiers films de Sokurov vont longtemps rester anonymes, faute de rencontrer l'aval du pouvoir qui les juge anti-soviétiques. Il faudra attendre la fin des années 80 et le début de la perestroïka, pour qu'enfin les publics russe et international découvrent ce qui se présente déjà comme une oeuvre riche et cohérente. La reconnaissance sera quasi immédiate. Tant par ses premiers films (Les jours de l'éclipse, Maria, Sauve et protège), qu'au travers de la trilogie rassemblant Le deuxième cercle, La pierre et Pages cachées, le public découvre un cinéaste qui développe un style extrêmement personnel. Esthète méticuleux, n'hésitant pas à expérimenter la matière même de l'image (déformations anamorphiques, teintes colorées), Sokurov a fait sienne l'idée d'un langage cinématographique pur. Un langage fortement imprégné des héritages littéraire et iconographique, mais qui systématiquement assimile ceux-ci pour le reformuler en notions purement cinématographiques. Chez Sokurov, il ne s'agit pas tant d'analyse et d'exposé, que de ressenti et d'émotions nés d'une expérience visuelle et sonore profondément réflexive. La mort, la filiation, la force du souvenir, l'esprit humain participant (ou non) d'une nature essentielle, sont les thèmes qui traversent une oeuvre qui s'attache essentiellement à questionner la condition spirituelle de l'Homme. Une oeuvre qui s'inscrit pleinement dans la tradition élégiaque et dans une quête métaphorique d'universalité. Les figures qui traversent ses films sont avant tout des êtres fragilisés par leur condition: silhouettes vulnérables et solitaires, malades ou au seuil de la mort, comme dans Mère et fils, le drame d'une mère mourante et de son fils qui se rend à son chevet. Le film est primé dans tous les plus grands festivals, et le public, comme la critique, reconnaît en Sokurov le cinéaste russe le plus important depuis... Tarkovski. Dès lors, Sokourov va enchaîner les films et continuer d'étonner par ses approches toujours aussi novatrices. D'abord avec la tétralogie sur les hommes de pouvoir, Moloch, Taurus, Le soleil et Faust, singulières incursions dans l'intimité d'Adolf Hitler, de Lénine, et de l'empereur Hirohito. Ensuite avec L'arche russe, plan-séquence d'une heure et demie dans le musée de l'Ermitage, Père et fils et Aleksandra, bouleversant film de guerre sans combat, sur fond de conflit tchétchène. Il y a deux ans, Sokurov s'attaquait à l'un des plus grands mythes de la littérature : Faust. Ce film, qui sort en Belgique et qui sera présenté à BOZAR et sort ensuite à FLAGEY est considéré par beaucoup comme son chef-d'oeuvre absolu, assied définitivement le cinéaste russe aux côtés des plus grands. CINEMATEK vous invite à (re)découvrir les principaux jalons de cette oeuvre essentielle, ô combien originale et singulière.

 

PROJECTIONS

"Mariya + Elegiya" d'Aleksandr Sokurov

"Elégie de Moscou - Andrei Tarkovski" d'Aleksandr Sokurov, URSS 1987

"Les jours de l'éclipse" d'Aleksandr Sokurov, URSS 1988

"Sauve et protège" d'Aleksandr Sokurov, URSS 1989

"Le second cercle" d'Aleksandr Sokurov, URSS 1990

"La Pierre" d'Aleksandr Sokurov, Russie 1992

"Pages cachées" d'Aleksandr Sokurov, Russie - Allemagne 1993

"Mère et fils" d'Aleksandr Sokurov, Russie - Allemagne 1997

"Dolce..." d'Aleksandr Sokurov, Russie - Japon 2000

"Moloch" d'Aleksandr Sokurov, Russie - Allemagne - Italie - France 1999

"Taurus" d'Aleksandr Sokurov, URSS 2001

"Père et fils" d'Aleksandr Sokurov, Russie - Allemagne - Italie - Pays-Bas 2003

"L'arche russe" d'Aleksandr Sokurov, Russie 2002

"Le soleil" d'Aleksandr Sokurov, Russie - Italie - France 2005

"Soviet elegy & elegy from Russia" d'Aleksandr Sokurov

"Oriental elegy & a humble life" d'Aleksandr Sokurov

"Elégie de la vie. Rostropovich. Vishnevskaya" d'Aleksandr Sokurov, Russie 2007

Tag(s) : #Sorties Cinéma

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