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Du 15 au 27 mars 2012

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Tout commençait sur une route d'auto-stop au soleil aveuglant de 2010. Nantes pour destination. Le long plan-séquence d'une voiture pleins phares dans la nuit d'une ville ? C'était en 2011. Au centre de l'image, biffant la réalité de cette vue déjà lointaine, trois silhouettes franchissent, cette fois-ci, un pont. La caméra n'est pas là pour voir au dehors. Nous sommes devant un cadre paysage éclairant le printemps 2012: la 22e édition du Festival du Cinéma Espagnol de Nantes vous invite à pénétrer dans les salles de cinéma, à arpenter la ville et nos imaginaires, les affiches annonçant les écrans, ceux-ci ouvrent sur un ailleurs insaisissable.

Paysages hors cadre

Le cinéma espagnol, le cinéma et la culture en général n'ont ni vocation ni capacité à résoudre la crise, les crises. Par contre, la production espagnole 2011-2012 a cela de vraiment particulier qu'elle interroge les crises, de fictions en documentaires, leurs raisons, leurs complices ou ceux qui en sont simples acteurs, c'est-à-dire nous-mêmes. L'Espagne, vue de loin, paraissait "universelle" aux amateurs d'un folklorisme qui n'était que la pétrification d'une image vide. L'Espagne des "indignados" est, elle, lestée d'un "universalisme" autrement plus puissant, puisqu'il témoigne d'une crise internationale, d'un questionnement qui balaie les frontières, toutes les frontières. Et le cinéma espagnol de 2011-2012 se fait, lui, l'écho de cet "état du monde" qui vient bousculer plus que les seuls clichés, mais les valeurs mêmes de nos vies, parfois des survies. Il est significatif que dans ce pays voisin où le poids de l'Histoire, de la mémoire, est - nous le verrons dans certains des films - bien plus prégnant qu'en France, la vie soit allée "plus vite" (la transformation de la société), "plus rapide" (la bulle de l'immobilier), "plus folle", aussi, puisque la chute est violente. Et qu'elle interroge notre propre quotidien: prémisse en deçà des Pyrénées... ? Le Festival du Cinéma Espagnol de Nantes veut être témoin, propose un regard, mais se défie des prismes déformants: mieux regarder un pays doit simplement contribuer à mieux sentir ce qu'il éveille en nous. Ainsi, N'aie pas peur de Montxo Armendariz, Rides de Ignacio Ferreras, Iceberg de Gabriel Velazquez, De ta fenêtre à la mienne de Paula Ortiz, La porte de non retour de Santiago Zannou, Madrid, 1987 de David Trueba, Katmandou, un miroir dans le ciel de Iciar Bollain, Marché d'avenirs de Mercedes Alvarez, ou encore Cinq mètres carrés de Max Lemcke, réécrivent, parfois avec humour, mais toujours avec des sensibilités et des langages fort différents, les images-récits d'une histoire et d'une géographie sans cesse réinventées.

Cette 22e édition, telle que nous l'avons construite, ne se réduira pas au seul programme qui la présente; "les autres mondes", ceux de la rencontre et de l'imaginaire, de la révolte et des émotions, du travail de mémoire et de la lutte contre l'oubli (La voix endormie, En écoutant le Juge Garzon, Au bout du tunnel, 23-F, Les constituantes, Ispansi, Soldats de Salamine, l'hommage à Jorge Semprun), participent de cette volonté de donner à voir et à comprendre.

 

PRIX DU JURY JULES VERNE

 Chaque année une sélection de 6 à 7 productions espagnoles est soumise au vote du Jury Jules Verne (professionnels du cinéma et de la culture de France et d'Espagne. Prix parrainé par la Ville de Nantes), du Jury Jeune (étudiants cinéphiles aux parcours éclectiques. Prix parrainé par le Crédit Mutuel) et du Public (Prix parrainé par la Région Pays de la Loire).

 

PRIX FONDATION BORAU - OPERA PRIMA

 Depuis 2008, un jury de journalistes se réunit pour décerner au meilleur premier film le Prix de la Fondation Borau. Le Jury Opera Prima 2012 est composé de journalistes des médias partenaires.

 

PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE

Depuis 2010, un jury de professionnels du cinéma, de l'information et d'historiens remet le Prix Colegio de Espana du Meilleur Documentaire (Prix parrainé par le Colegio  de Espana).

 

PRIX ERASMUS DU COURT-METRAGE

A l'occasion de la soirée Erasmus du court-métrage, le public vote pour le meilleur court projeté à l'Opéra Graslin. Ce prix est parrainé par le Conseil Général de Loire-Atlantique. Séance unique le samedi 17 mars à 20h.

 

CYCLES

Alex de la Iglesia : Hommage à un réalisateur "Farpait"

Vingt ans déjà. Depuis son premier long-métrage aux allures futuristes, Accion Mutante (1992), produit par les frères Almodovar qui voyaient en ce talent "farpait" l'un des cinéastes espagnols qui allaient marquer leur époque. Une signature si singulière, une esthétique propre et un humour noir que Alex de la Iglesia n'a cessé de faire mûrir jusqu'à son tout dernier film, La chispa de la vida (2011), présenté en avant-première nationale et en ouverture de cette 22e édition.

 

Regards sur la ville

De ville en ville, de bâtiments madrilènes en constructions lointaines, de films en documentaires, le cycle "Regards sur la ville" propose un itinéraire varié. Cette programmation de sept films regarde la ville, son architecture, ses formes, ses habitants, ses mouvements.

 

Jorge Semprun, cinéaste de la mémoire

Le 7 juin dernier, disparaissait un grand écrivain de la mémoire, une figure universelle. Né à Madrid en 1923, Jorge Semprun a pourtant écrit toute son oeuvre en français. Témoin de plusieurs guerres: civile en Espagne, mondiale en Allemagne où il est déporté à Buchenwald; il s'implique personnellement dans la résistance puis dans le Parti Communiste Espagnol. Romancier et scénariste, ses récits sont portés sur la toile par de brillants réalisateurs.

 

Cinéma et droits de l'homme

Persuadés que le cinéma est aussi un moyen de toucher la conscience collective, nous reconduisons pour la sixième année consécutive une section qui témoigne et dénonce les violations des Droits de l'Homme à travers le monde.

 

Fenêtre basque

Dès les premières étincelles de cette 22e édition, le cinéma basque sera à l'honneur avec l'avant-première française de La chispa de la vida de Alex de la Iglesia, le Bilbaïn à l'honneur cette année au travers d'une rétrospective de six de ses films. Mais au-delà des étincelles, l'Euskadi fera découvrir pour la douzième année consécutive tous ses talents, du court-métrage, du documentaire à la fiction.

 

Panorama

Le Festival présente un panorama des productions cinématographiques récentes.

 

 

SOIREES EVENEMENTS

Cérémonies

En ouverture et en clôure du Festival, deux soirées de gala sont ouvertes au public. L'inauguration a lieu au Cinéma Katorza, en présence du réalisateur du film d'ouverture. La clôture est l'occasion de remettre les prix aux lauréats, dans le cadre magique du Théâtre Graslin...

 

Prix Erasmus du court-métrage

A l'occasion de la soirée Erasmus du court-métrage, le public vote pour le meilleur court projeté à l'Opéra Graslin. Ce Prix est parrainé par le Conseil Général de Loire-Atlantique. Séance unique le samedi 17 mars à 20h.

 

Nuit fantastique

De l'épouvante, des effets spéciaux, du rire, des zombies, des êtres sans visages, de la salsa cubaine, des losers, du suspens... Parce que les fantômes apparaissent toujours la nuit - quoi que - le Festival et l'Absurde séance du Katorza vous proposent de vivre le tout en une seule et même nuit, celle du vendredi 16. La promesse d'une séance-marathon animée, composée de quatre films ovnis, avec petit déjeuner à la clé !

 

 

 

Tag(s) : #Festivals

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